Capitaine d’un moment historique : Lore Baudrit avec l’Équipe de France aux Jeux olympiques de 2026
Lore Baudrit a porté le #81 de l’équipe de hockey féminin des Carabins de 2012 à 2017. Près de dix ans après son passage à l’Université de Montréal, c’est à titre de capitaine de l’Équipe de France qu’elle enfilera l’uniforme des Bleues pour la toute première participation de l’équipe aux Jeux olympiques.
Membre du programme de l’équipe nationale depuis 2008, Lore a contribué à l’évolution du hockey féminin français jusqu’à cette qualification historique pour les Jeux de 2026. Cette qualification est une consécration en soi : la France était passée à un but de se qualifier pour les Jeux de 2022.

On voit les Jeux olympiques de Milan-Cortina comme une expérience incroyable pour notre équipe de progresser, raconte la capitaine des Bleues. On peut passer à côté de la performance à cause des distractions entourant les Jeux olympiques. On souhaite éviter de tomber dans ce piège.
VISER HAUT POUR UNE PREMIÈRE OLYMPIQUE
Lore et son équipe ont comme objectif d’atteindre les quarts de finale pour cette première expérience olympique, étape au cours de laquelle elles pourraient affronter soit les États-Unis ou le Canada :
Comme capitaine, je reste vigilante à ce que le groupe ne s’éparpille pas. Je reste à l’écoute et observatrice de mes coéquipières pour des signes de stress et pour mettre tout le monde en confiance. Il faut rester soi-même, ne pas faire quelque chose de nouveau ou de différent parce qu’on est aux Jeux olympiques.
L’équipe de France aura droit à une belle parité dans la phase de groupe et devra maximiser les points pour accéder aux quarts de finale.
Lore comptera à ses côtés plusieurs alumnae et joueuses actives des Carabins au sein de l’Équipe de France pour les JO de 2026 : Estelle Duvin, Léa Berger, actuellement avec les Carabins, ainsi que Marion Allemoz, qui a été capitaine de l’Équipe de France et maintenant assistante-vidéo de l’équipe.
CONJUGUER SPORT DE HAUT NIVEAU ET MATERNITÉ
Si le hockey féminin en France a connu une progression marquée dans les 20 dernières années, notamment grâce à la création du Pôle France féminin qui offre aux joueuses de hockey françaises un encadrement structuré depuis 2008, Lore et plusieurs de ses coéquipières doivent s’expatrier pour vivre de leur sport ou le pratiquer à un haut niveau.

Après avoir joué professionnellement dans le championnat de Suède, Lore a dû trouver une alternative qui lui permettrait de continuer à jouer à un haut niveau tout en demeurant présente pour son fils de 18 mois. Elle s’est donc tournée vers l’Allemagne, où elle occupait un emploi à temps plein jusqu’à l’année dernière en plus de sa charge d’entraînement et de compétition.
Depuis la qualification de l’Équipe de France pour les J.O. l’année dernière, elle a décidé de prendre une pause professionnelle pour se consacrer entièrement au hockey et à sa préparation pour les Jeux. Pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille dans la dernière année, elle a eu recours à diverses formes de soutien financier.
UN PASSAGE DÉTERMINANT CHEZ LES CARABINS
Lore a atterri à Montréal en 2012 après avoir fait la rencontre de Danièle Sauvageau, qui était alors mentore auprès de l’EDF. Elles étaient un groupe de Françaises à être attirées par le niveau de jeu canadien. De son propre aveu, ce n’était pas tant l’aspect académique de l’expérience qui l’interpellait de prime abord, bien qu’elle ait terminé son parcours avec les Carabins en ayant un bac en communication et un diplôme de cycle supérieur en journalisme en poche :
Au hockey universitaire, tout est fait pour que la conciliation fonctionne. À la base, je n’étais pas une grande étudiante mais les Carabins ont fait sorte que je me suis retrouvée avec deux diplômes. Je n’aurais pas pensé que c’était possible au début de mes études. J’ai été soutenue par les professeurs, par les autres étudiants-athlète. Tout le monde a été accommodant, j’ai vécu des années incroyables.
Parmi les souvenirs qui lui reviennent elle cite la victoire en 2013 en finale provinciale contre McGill, alors l’équipe dominante du RSEQ et au pays depuis une dizaine d’années.

Nous avions une équipe extraordinaire. On était tissées serrées. Notre force venait de tout l’environnement qui avait été mis en place pour qu’on réussisse. De nombreux athlètes des autres équipes Carabins s’étaient déplacés à McGill pour venir nous encourager. C’est un de mes meilleures souvenirs en carrière.
Son expérience au Canada et chez les Carabins a été fortement teintée par l’apport d’Isabelle Leclaire, entraineuse-chef de l’équipe depuis ses débuts en 2009 :
Isabelle apporte évidemment beaucoup côté hockey dans le développement de ses joueuses. Ce que je retiens surtout, c’est comment elle gère son équipe de manière tellement humaine. Elle veut développer des bonnes personnes, pas seulement des bonnes joueuses, et ça se ressent. Elle a toujours trouvé important de mettre les anciennes de l’avant, de prendre des nouvelles. L’accompagnement qu’elle apporte est admirable et elle a fait une différence dans nos vies.
La France affrontera le Japon, l’Allemagne, la Suède et l’Italie, équipe hôtesse de ces Jeux olympiques, lors de la phase de groupe.