Iannick Lamarre a renoué avec ses bâtons de golf

Montréal, le 23 avril 2012 – En mars dernier, les Carabins ont profité du temps superbe de l’Arizona pour tenir leur camp d’entrainement à Phoenix. Les joueurs se sont levés tôt toute la semaine et ont joué jusqu’au coucher du soleil. Iannick Lamarre a adoré l’expérience et, comme quelques golfeurs de la province, c’est avec bonheur qu’il a ramené ses bâtons sur les verts.

Pourtant, même s’il prépare avec enthousiasme sa deuxième saison complète avec les Carabins, il a dû se réconcilier avec son sport de prédilection. Lorsqu’il a fait son entrée à l’Université de Montréal à l’automne 2010, il ne pensait plus au golf et voulait plutôt jouer avec l’équipe de volleyball des Bleus.

«Au cours de ma dernière saison au collégial, j’ai joué mes meilleurs matchs de volleyball à vie, affirme l’ancien des Géants du cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu. Je venais voir les Carabins en compétition et c’était super excitant. Je voulais jouer ici. L’été précédant mon entrée à l’UdeM, j’allais au gym cinq fois par semaine. Je voulais absolument faire partie de l’équipe. Dans ma tête, je me disais que je ne jouerais plus jamais au golf.»

À son arrivée sur le campus, l’athlète de 1,80 m est descendu de son nuage lorsqu’il a été relégué dans l’équipe d’entrainement. «C’était loin d’être une mauvaise chose pour une première année, admet-il. Je voyais qu’il y avait une grosse différence avec le cégep, mais j’ai quand même perçu la situation comme une défaite.»

C’est ainsi qu’il a abandonné une deuxième activité qu’il pratiquait depuis plusieurs années. Délaisser le sport pendant quelques mois s’est pourtant avéré une décision bénéfique. «C’était bien de ne plus toucher à mes bâtons et de ne plus compétitionner, dit-il. Ça m’a donné une autre perspective sur le golf.»

Avant un voyage dans le Sud pendant le temps des fêtes, son père l’a incité à ajouter son sac de golf aux bagages, au cas où il voudrait jouer une ronde. Le jeune homme s’en est effectivement servi et ne l’a plus quitté par la suite.

Une tradition de père en fils
Le nom des Lamarre est très connu dans le monde du golf. Jean-Louis, le père de Iannick, est l’un des joueurs s’étant le plus illustré dans l’histoire de ce sport au Québec. Son fils a voulu suivre ses traces dès son jeune âge. À huit ans, il commençait à jouer sérieusement au Club de golf de la Vallée des Forts de Saint-Jean-sur-Richelieu, où son père s’entrainait.

«Il ne m’a jamais forcé à jouer, précise l’étudiant-athlète, mais ça lui faisait plaisir que je commence et que j’aime ça. Il ne m’a jamais dit d’arrêter le soccer et il voulait que je pratique les deux en même temps. Il venait même me voir au stade quand il pouvait. Je pense aussi qu’il n’a jamais manqué l’un de mes tournois de volleyball.»

Quand le jeune Lamarre a pris part à ses premières compétitions, à l’âge de 10 ans, son nom attirait l’attention. Pourtant, il est resté loin des meneurs jusqu’à la fin de son adolescence. «Ce n’était pas si facile, raconte-t-il, mais j’étais quand même très compétitif. Je l’ai toujours été. Je voulais bien jouer et gagner.» Ses efforts ont finalement été récompensés et les amateurs ont commencé à le voir davantage comme un golfeur que comme le fils de Jean-Louis Lamarre. En 2007, à 16 ans, il a remporté le championnat provincial junior par trous.

Mais en l’espace de deux ans, ses perspectives se sont assombries. Il connaissait une année très difficile et a décidé de laisser tomber les tournois de golf. «Ça me mettait trop en maudit de perdre, avoue-t-il. Quand tu aimes trop ton sport, c’est difficile de s’en distancer. Quand je jouais mal, j’étais marabout pour le reste de la journée. J’étais comme un bipolaire du golf.»

Portes ouvertes chez les Carabins
Sur un terrain de golf au tout début de la saison 2011, Pierre Dugas, le conseiller de l’équipe des Carabins, a croisé un de ses anciens élèves, Jean-Louis Lamarre. Le nom de Iannick a été évoqué et il a été question de l’inviter chez les Carabins. «Je me sentais un peu mal de demander aux entraineurs de faire partie de l’équipe après la saison d’automne et l’hiver, dit le golfeur. Mais j’étais content qu’ils me démontrent de l’intérêt.» Au mois de mai, il entrait dans l’équipe des Bleus.

Bien intégré au sein de la formation, la recrue a ensuite connu une très bonne saison, terminant au troisième rang du championnat universitaire du Réseau du sport étudiant du Québec et ayant été nommé dans l’équipe d’étoiles masculines du circuit. «Nous avons de bons joueurs, mentionne-t-il. Et nous nous entendons tous très bien.»

Peu importe son orientation sportive, Iannick Lamarre souhaitait étudier à HEC Montréal depuis un certain temps. «C’est un bel endroit pour mixer créativité et travail, juge-t-il. Je crois que c’est la meilleure façon de pouvoir jumeler le golf et le travail plus tard. Je veux travailler dans l’industrie du golf. C’est ma passion depuis que je suis tout petit.»

Alors que la session s’achève, les Carabins entameront bientôt leur préparation en vue du championnat universitaire de Golf Canada. «Dès que les examens seront terminés, j’attaque les terrains de golf », lance Iannick Lamarre. Le tournoi sera disputé du 28 mai au 1er juin au Cordiva Bay Golf Course de Victoria, en Colombie-Britannique.

Source : Mathieu Dauphinais, agent d’information sportive